04 mars 2006
Mots sans hâte liés...

(Créativ'image Gif à Gégé)
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Amstramgram...
Acabradabra...
Miss Flo a retrouvé ses mots, la voilà de retour...
Dans vos commentaires, vous m'en aviez donné 53 puisqu'Aquarelle, rêve et océan(ique) ont été élus deux fois.
Je vous avoue que je me suis demandée un bon moment quel chemin ils allaient prendre pour se retrouver. S'uniraient-ils par 6, répondant à chacun de vous? Vous réuniraient-ils deux par deux? Se combineraient-ils tous? Mais comment? Ils sont si différents...
J'en étais là quand mes amis les mots sont partis faire un petit tour ailleurs, me laissant la tête toute embrouillée. C'est comme ça d'ailleurs que j'ai découvert avec un peu de stupéfaction le double sens du mot confusion, mais je vous en reparlerai plus tard. Pour le moment, je vous invite à me suivre au pays de vos mots préférés:
Sempiternellement, arabesque, Abyssinie, escarpolette, rabibocher (Désolée Carpo, ton escarpolette est passée à la trappe et pourtant, j'aime aussi beaucoup ce mot-là...) Perle, Chamallow, paprika, aquarelle, Katmandou, anticonstitutionnellement (merci Domi, mais tu vas voir ce que tu vas voir...) Coquelicot, chrysalide, caresse, aquarelle, Vietnam, obsolète Goguenard, concupiscent, estropié, farandole, betterave, reluquer, spleen, miel, saveur, désert, océan, univers, théâtre, élan, terre, saltimbanque, présent (désolée Adaya, je ne suis pas arrivée à insérer ton collimateur...) rêve, bleu, merveille, ailleurs, Patagonia, océanique (transformé en océan May'Anne...), Pluie, tendresse, ombre, douceur, conte, rêve.
On y va? Top départ!
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(Créativ'image Libidule)
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Le Rabi Bocher était constitutionnellement anti. Anti tout. Le salé, le sucré, l’amer, l’acide… Seuls les épices donnaient du relief à sa vie, alors il en mettait partout. Dans tout ce qu’il mangeait, dans tout ce qu’il buvait, dans tout ce qu’il créait… Avec le paprika, son préféré, ses aquarelles illuminées de soleil disaient ces lointains pays qui vivaient au fond de lui.
Parfois, dans le silence de la nuit, il ouvrait le sésame de son âme nomade en prononçant leurs noms.
De ses arabesques, l’Abyssinie saltimbanque lui faisait la courte échelle jusqu’à des nuages arc-en-ciel. Bien au chaud dans le cocon de leur chrysalide, nimbé de bleu, son corps flottait dans un univers de tendresse.
Les rouges coquelicots de Katmandou l’entraînaient dans leur folle farandole, pistils offerts, gorgés de sève, saveur de miel.
Les jonques chaloupantes du Vietnam lui contaient les berceuses de l’eau, le spleen enveloppant des brumes d’Ha Long et la douceur des perles de pluie.
Le vent du Kilimandjaro l’emportait au-dessus d’à-pics perclus de solitude, au cœur de neiges éternelles rêvant de déserts brûlants, dans le ventre de terres fiévreuses appelant la fraîcheur de l’ombre, sur la crête frémissante d’océans rugissants, sur l’onde de mers d’huiles aux reflets scintillants.
Quand l’éclair de Patagonia le transmutait, il devenait feu, traversait la glace, pénétrait jusqu’au cœur du cristal, devenait diamant. Protégé par ses mille facettes, il regardait défiler le grand théâtre du vieux monde.
Durant les quelques secondes qui lui restaient avant de redevenir lui, il envoyait des faisceaux d’amour aux cœurs concupiscents rongés par l’envie, aux estropiés de la vie, aux éclopés du bonheur, aux meurtris de rêves obsolètes et à son fidèle chat Mallow si honteux de ses yeux betterave que tout le monde reluquait d’un air goguenard.
A tous il disait ce pays des merveilles si présent où tout est lumière et élan. A deux pas de ce que l’on nomme réalité. De l’autre côté du miroir. Tout au fond d’eux. Là où brille l’étoile. Sempiternellement.
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(Créativ'image Libidule)
17 février 2006
Petits clins d’oeils lumineux
Ca ne tient à rien… quoi ? Dix ? Vingt kilomètres ?... Et pourtant….
Et pourtant, tout à coup… La Méditerranée lève ses jupons plus haut… L’air me semble plus léger… Les mots plus caressants… Les regards plus veloutés… Les femmes plus pétillantes… Les hommes plus…
C’est si près et pourtant… C’est déjà l'Italie !
Alors dans mon panier Vintimillesque du jour, j’ai fait de petites cueillettes pour vous…
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Du vent… De l’eau iodée… Des vagues qui s’envolent…
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C’est pour toi May'Anne...
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"Que Saint-Chronicité les protège de cette peste tueuse d'oiseaux qui vient d'arriver en Italie!" me suis-je dit en voyant ces deux là jouer...
Joli poète, ces deux cygnes sont pour toi
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T’as vu Carpo ? Eux aussi ils aiment bien les blagues ! Dès qu’ils m’ont vue, hop ! Ils m’ont fait le coup de l’hôtesse de l’air !
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Alors ceux-là... Devine pour qui ils sont...
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Domi… Tu crois que c'est contagieux???
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Celui-là, je te le garde en pour de vrai ! Mais tu le montreras à Pilou hein!
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Littlesun, Mamie Zibulinette, Shakti, Le disciple, 36 degrés, Sylvie-Marie, Adaya, Elle, Viola, Gilles (Je cherche toujours pourquoi Hellene, mais je continue...)
Au cas où la pluie s'accrocherait à vos basques avec un peu trop de fidélité, voici un petit éclat de soleil rien que pour vous...
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Quant à vous toutes et tous qui viendrez vous reposer un peu sur les coussins de ma caravane de toile pendant mon absence, voilà ce qu'en pensée je vous envoie, derrière la petite fenêtre, juste face à vous!
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Que le vent vous soit doux,
Tendresse nomade,
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(Créativ'image Libidule)
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(Créativ'image Libidule)
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PS : On s’amuse avec les mots la prochaine fois ? Carpo nous en propose six qu’il aime particulièrement : Arabesque, Abyssinie, Escarpolette, Kilimandjaro, Rabibocher et sempiternellement. Vous allongez la liste et on jongle avec eux dans le prochain billet ?
08 février 2006
Mens-Songe...
(Créativ'image Gifs à Gégé)
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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème (...)
Paul Verlaine
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En relisant ce poème de Verlaine ce matin, un mot m'est venu à l'esprit: "Mensonge"
puis une idée un peu étrange qui m'a conduite jusqu'à une hypothèse. La voici.
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(Le mariage des funambules, La Rochelle, 1959, auteur anonyme)
MENSONGE
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Drôle de mot que celui-là qui réunit en un seul le versant solaire du "songe" et son opposé toujours à l'ombre du "ment". Quel est le lien entre ces deux vallées? D'où peut bien venir cette alliance surprenante?
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Songe…. Rêve bien sûr, mais rêve éveillé aussi… Espace intime, hors du temps et de toute contrainte, où le tain des miroirs renvoie ce que nous y mettons.
Sur ce fil là, point de risque. Le balancier ne dépend que de nous. D’un coup de baguette magique, tout se transforme. Désirs d’enfant se rêvant seul objet d’amour de sa mère. Désirs d’adolescent se croyant immortel. Désirs d’adulte s’idéalisant parfait et guéri de ses failles mais muet de vertige face à ces vides qui restent si présents…. Rien ne résiste au songe.
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Se peut-il alors parfois que, par manque d'amour de soi, ce songe devienne un très sincère « ment » ? Mais à qui mentons nous alors ? A l’autre seulement ou à nous avant tout ?
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Dans ce cas-là, le mensonge peut-il être une tentative un peu désespérée de traverser le miroir pour devenir, au moins un temps, cet autre qu’on aimerait tant être ? Ou pour arriver jusqu’à cet autre qu’on attend, ce catalyseur, cet écho grâce à qui le « son je » prendrait corps et sens ? Parce que dans ses yeux, on se verrait entier, nu, désemparé, fort et faible, mais entier, tout entier et entièrement aimé quand même.
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Se peut-il parfois que pour goûter à l’immense bonheur de cette rencontre-là, on se réfugie dans le « ment » pour continuer le songe ? Cherchant en toute rencontre cet être « étrange et familier », « ni tout à fait le même ni tout à fait un autre » qui nous attend, « nous aime et nous comprend ». ?
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Que le retour sur terre doit être terrible quand l’enfer, ce n’est pas l’autre, mais ce songe de soi qui se tisse et se détisse indéfiniment !
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Pour rester fidèle à Ulysse, Pénélope défaisait la nuit ce qu’elle tissait le jour. A quelle mythologie, familiale ou personnelle, est-on tant attaché à son corps défendant quand, telle Pénélope, on file et défile, affamé et sans fin, la trame du ment-songe ?
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(Créativ'image Gifs à Gégé)
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S’il y a une once de vérité dans cette réflexion là, alors un mot de plomb peut aussi cacher bien de l’or perdu quand on ôte le ment-tôt de ses appâts rances…
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Vous voyez…. Je vous l’avais dit… Il me passe parfois de bien « drôles » d’idées par la tête quand je suis Alice au-delà du pays de Merveilles…
Vous me dites quand même ce que vous en pensez ?
Allez, bises songeuses à toutes et tous,
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(Créativ'image Libidule)
06 février 2006
Premiers émois
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(Créat'iv image Gif à Gégé)
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"Ah, qu'il doit être doux et troublant,
l'instant du premier rendez-vous
Où le coeur las de battre en solitaire
S'envole frissonnant vers le mystère."
Premier rendez-vous, Paroles J.Y. D'Angelo
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Et si, avec un peu d'imagination et d'avance sur le Saint-Valentin
nous l'inventions ce "premier frisson vers le mystère"?
Vous me suivez?
Couvrez-vous....
J'entends déjà l'orage qui gronde...
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Zut, les nuages faisaient le gros dos, voilà maintenant l’orage qui gronde. Là, il n’y a plus à hésiter, soit nous courons, soit nous serons trempés ! Droit devant toute, et vite ! Droit devant ? C’est le fenil, il nous suffira de grimper et le ciel sera tout près.
Un, deux, trois, nous y voilà, les joues à peine égratignées par les premières gouttes qui tombent drues. Me précédant sur l’échelle, vous me tendez la main et nous voilà allongés, le ventre sur la paille, les yeux déjà émerveillés. Car le ciel, cette fois, s’est vraiment déchaîné. Couleur mi-jour mi-nuit, zébré de lumières qui scintillent et semblent le déchirer, il craque le grand gris, il fait un bruit du tonnerre, mais il tient. Son ami le vent, l’entendant si colère, vient de ce pas dire deux mots aux nuages. Le péril doit être grand car il souffle l’animal.
Le jardin, bien qu’habitué, en est tout chaviré. Regardez ! Là ! Le lilas ! Ses grappes tourneboulent, il girouette ! Et le figuier au tronc si fin, comme il plie soudain ! Heureusement que le mur le protège un peu, seul, il en aurait été tout retourné ! Je vous les montre du doigt, un peu inquiète pour eux… Je me retourne vers vous et… tiens, vous souriez ! De tous vos yeux qui s’accrochent aux miens.
Des petites perles d’eau brillent dans vos cheveux. Elles sont si fines… Je tends la main pour les effleurer, mais un souffle d’air les balaie et me fait frissonner. Alors vous ôtez votre veste et nous voilà dessous, votre bras autour de mon cou, ma tête sur votre épaule.
Des parfums de terre sevrée montent jusqu’à nous. En se mêlant à ceux de l’herbe coupée, ils donnent un autre relief aux nôtres qui se découvrent. Couchée tout contre vous, je vous respire intensément pendant que nos yeux vagabondent. Sentez-vous les miens doucement frôler votre front, vos sourcils, votre joue, vos lèvres pleines et soyeuses ?
Pendant que je confiais au temps ma main suspendue, la vôtre s’est approchée. Inversement proportionnel aux battements de la pluie devenue rosée, mon cœur chamade à tout rompre. Votre bouche est si près… Vos doigts si légers sur mon visage...
Dieu que nous avons bien fait de nous espérer jusqu'à l’orage !
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(Créativ'image Libidule)
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Hum... et vous, cette petite herbe tendre, elle vous dit quoi?
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30 janvier 2006
Ma mère mon rocher
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Parce que ce premier amour là est à la base de tous les autres,
Parce que la longue dame brune m'a accompagnée ce matin dans mes voyages,
Et qu'il est des jours pas tout à fait aux autres pareils,
Pour elle,
Pour toutes les elles,
Pour vous
Avec une infinie tendresse,
Flo
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Mon rocher, ma petite mère
Quand je pense au jour où la terre te portera
Et où tu t’en iras sur le chemin
Où tout s’éteint pour devenir lumière.
Ces jours-là maman…
Ces jours là je comprends
Le regard des orphelins.
Moi qui ai eu le temps d’aimer
Pas seulement ma mère
Mais celle que tu es,
Comment imaginer
Ne pas t’avoir eu comme repaire
Quand j’étais égratignée ?
Tes silences de maux m’on appris l’alphabet
Là où l’enfant s’est écorchée,
J’ai découvert la force du rocher,
Comment, sans toi, aurais-je trouvé le balancier
Qui m’a conduite des creux aux déliés
Du verbe aimer ?
Maman, petite mère,
Ma sœur, mon éphémère
Le jour où ce sera, ne te demande pas
Si tu as bien ou mal fait avec moi.
Tu m’as donné toutes les clefs,
Avec nous s’arrête le temps des secrets.
Je sais que tu ne prendras pas ombrage
De ce moment que j’apprivoise
Pour que ma main ne vacille pas
Quand s’ouvrira la porte de l’au-delà
Et qu’il me faudra tout te dire maman
Dans un ultime regard aimant.
Tu me sais prévoyante, je le tiens de toi !
Alors si par malheur je n’étais pas là
Au moment où ce sera,
Que ces mots, tels l’écho, reviennent à grand pas
Pour te dire une dernière fois
« Je t'aime maman, prends bien soin de toi »
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F&F
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15 janvier 2006
Aux non de l'Amour
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L’Amour est la grande vedette de nos Blogs ces jours-ci. Une brindille à l’endroit, une brindille à l’envers, nous tissons mots et idées, rêves et désillusions. L’hiver s’étirant un peu, serions-nous en train, mine de rien, de préparer le nid du printemps ?
Nous appelons tous l’Amour, le vrai, le grand de nos vœux. Nous courons chez Zibulinette nous réchauffer à l’âtre du sien. Cet Amour-là, nous le disons de toutes les façons, dans des textes, des poèmes, des chansons, avec nos mots ou ceux d’autres qui l’ont si magnifiquement exprimé avant nous. Mais quels que soient les crayons avec lesquels nous dessinons ce dessein, tous nos portraits se ressemblent.
Pourtant… Pourtant, à quelques exceptions près, nous semblons bien en mal de le vivre. D’où une petite question : « Pourquoi donc ? » Pourquoi donc, alors que nous cherchons tous à peu près la même chose, nous débrouillons-nous avec tant de talent pour ne pas le vivre vraiment ? Serions nous trop idéalistes pour résister longtemps à l’épreuve de la réalité ? En demanderions-nous trop ? La peur et la méfiance, ces grands ennemis de l’Amour, n’en auraient-elles pas fini de jouer les premiers rôles quand, à 40 ans et plus, on tire les traits pour faire les additions ? Notre cœur serait-il aveugle ? Ne battrait-il la chamade que pour ceux et celles avec qui il pourrait « tangoter » ? Un pas en avant, deux en arrière… Cherchons-nous au contraire à vivre autre chose de plus serein, nous faudrait-il inventer d’autres modes de relations ? Plus respectueux pour les optimistes, moins engageantes pour les pessimistes ? Et pourquoi donc, alors que nous connaissons tous le chemin de la douce amitié, nous trouvons nous si dépourvus une fois sauté le pas du lit ? Car c’est bien de ça dont il est question n’est-ce pas ? De « cet obscur objet nommé désir » et de ses relations avec l’amour qui consume là où l’amitié réchauffe. Mais est-ce vraiment une fatalité ?
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En nous lisant, je me suis demandé si une des clefs qui nous manque ne se cache pas, justement… dans nos mots ! Que disent-ils de ces idées toutes faites que nous avons sur « l’autre sexe » ? Quelles représentations nous ont déformés et nous déforment peut-être encore à nos coeurs et à nos corps défendants ?
Alors je vous propose un petit jeu. Pour mieux couper l’herbe sous le pied des a priori de plomb, commençons par les énumérer. Allons-y carrément. Posons les noir sur blanc. Nous trierons ensemble dans un second temps, loupes et boussoles en mains pour retrouver le Sud. OK, on aura du boulot mais sait-on jamais… Si le jeu en vaut la chandelle, on en sortira tous gagnants.
Prêts ? Alors on passe au « post » suivant ! Hop ! C’est parti !
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...........(Crétiv'image Libidule)
Attention, danger!
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Attention ! Vous entrez ici dans une zone minée ! L’imagination n’est pourtant pour rien dans ces "citations." Toutes ont été glanées ici ou là et celles et ceux qui les prononçaient n’avaient pas l’air du tout de plaisanter. Soyez donc prudents, regardez où vous posez les pieds mais cherchez bien dans votre mémoire et vous verrez ! Vous en trouverez plein d’autres. Les racines de ces arbres anti-Eden là sont si tenaces ! On y va ? Accrochez-vous !
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« Avec les femmes, on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon. Quand elles disent non, il faut entendre "peut-être oui", quand elles disent "oui", il vaut mieux faire attention ! »
« Il y a des femmes que l’on épouse et d’autres avec lesquelles on couche »
« Souvent femme varie, bien fol est celui qui s’y fie »
« Les hommes ? Le meilleur ne vaut pas le pire »
« Les hommes sont lâches, dès qu’un truc les ennuie, ils fuient »
« Les hommes niquent, les femmes communiquent »
« Pour faire l’amour, les femmes doivent aimer. Les hommes eux, pourvu qu’on s’allonge…»
« Les hommes préfèrent les femmes belliqueuses à celles qui auraient pu inventer la poudre »
« Les hommes restent de grands enfants exigeants"
« Sans nous, les femmes sont perdues »
« Les femmes sont de vraies pipelettes, leurs copines sont toujours au courant de tout. Pas étonnant qu’on se méfie ! »
« Parce que ce sont elles qui font les enfants, quand on se sépare, elles s’imaginent qu’ils sont à elles. Nous, on a juste le droit de payer. »
« Quand elles ne nous les caresse pas, elles nous les casse » (Dixit le Grand Georges !)
« Les femmes veulent toutes un mec qui ait le cerveau d’Einstein, le physique de Richard Gere et le porte-monnaie d’Onassis. Encore que le cerveau d’Einstein… »
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A vous ! Complétez, philosophez, hurlez, et comme le disait si bien Beaumarchais, riez de tout avant que d’en pleurer ! Je sais, c’est difficile… Mais de ces eaux saumâtres peuvent naître de si beaux lotus…
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De Flots rances à Flor'anse
14 janvier 2006
L'âme de fond...
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« Comment se dire ?
Comment aimer ?
Comment partir ?
Comment se retrouver ? »
« A mon avis, arrête d’y penser »
(Jean-Louis Murat, Comment se dire, Mokba)
Tentant d'arrêter d'y penser quand il est temps d’implorer Saint-Thèse et de farfouiller dans les cendres des mots qui plombent l'amour... Mais je préfère la sagesse chinoise qui conseille : « Plutôt que de maudire l’obscurité, allume une chandelle. » Après avoir lu et relu nos « mots croisés », j’en allumerai trois.
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Avec la première, j’enflammerai le bûcher d'un terrible mot de plomb :
« Eprouver ».
Car il en va de l’amour comme des autres sentiments éprouvés. Il est à la fois ressenti et mis à l’épreuve. Sitôt cette « découverte » faite, une phrase, souvent entendue, m’est revenue : « Les hommes disent : aime-moi ; les femmes : prouve-moi que tu m’aimes ». Enlevons « homme » et « femme », ça donne quoi ? « Je t’aime si » ou « car ». Un amour sous condition. En conditionnelle diraient certain(e)s. Et là… les liens entre le vocabulaire financier et le vocable amoureux se comprennent nettement mieux… Aimer devient « investir » une relation ou un être pour qui on éprouve ( !!!) de l’intérêt. Du coup, on « a », on « possède », on « parie » sur l’avenir. Puis… on « gère » ? Et quand on se sépare, on fait un « solde de tous comptes » qui, généralement, ne fait pas les bons amis ! Entre ce temps du début et celui de la fin, on a perdu de vue… ce qui est capital !
Ressentir
un sentiment n’est guère mieux que l’éprouver. L’un donne « épreuve », l’autre « ressentiment »…
Alors une petite question me vient. Quand trompe-t-on ? Quand est-on trompé ? Et quand se trompe-ton ? Car là est bien la principale « conditionnelle » ou «mise à l’épreuve» qui revient dans nos phrases. Deux termes qui signifient qu’on est en liberté surveillée. Cela veut-il dire que dans nos esprits, la fidélité, telle un troc, est plus concédée que consentie ? Pourtant, au départ, l’amour libère… Il y a donc un croisement où l’on s’est égarés, perdus, trompés.
Sauf si, tel Brel et ses vieux amants :
«
Moi, je sais tous tes sortilèges,
Tu sais tous mes envoûtements,
Tu m'as gardé de pièges en pièges,
Je t'ai perdue de temps en temps,
Bien sûr tu pris quelques amants,
Il fallait bien passer le temps,
Il faut bien que le corps exulte,
Finalement finalement,
Il nous fallut bien du talent,
Pour être vieux sans être adultes (...)
Oh, mon amour,
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour,
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour,
Je t'aime encore tu sais, je t'aime.»
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(Créativ'image amourpointcom)
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Et là s’allume la seconde chandelle, fière celle-là… ce croisement où l’on se perd, n’est-ce pas celui du désir ? Si fulgurant au départ, si difficile à préserver au quotidien ? Mais est-ce seulement une question de temps ? Sommes-nous sûrs que nous nous connaissons vraiment ? Parlons-nous si facilement que cela de nos désirs, du plaisir que l’on éprouve et de celui que l’on aimerait découvrir, vivre ou revivre ? Respectons-nous nos désirs, nos non désirs et ceux de l’autre ? Prenons-nous le temps de maintenir ce lien du « deux » ? Et ce lien là ne dépend-il pas aussi de la qualité de la relation que nous entretenons au quotidien ? Dans nos mots croisés, il est plus question de sexe que de sensualité, les amants et les maris ne sont pas du tout « parlés » de la même manière. Alors une question me vient. Nous qui rêvons de conserver nos amants, même lorsqu’ils sont devenus des compagnons, restons-nous des amantes ?
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(Merci Domi pour cette Poussière d'étoile)
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Oui mais… oui mais un jour… un jour, les caresses ne réchauffent plus les lits trop vieux. Et c’est là que s’allume la troisième chandelle. Une des choses qui m’émerveille le plus, ce sont ces vieux couples, allant main dans la main, attentifs à ce que l’autre, au moins, ne bronche pas. Si ces têtes blanches ont traversé le temps, n’est-ce pas parce que, comme le suggère Serge dans son commentaire, ils ont pris le temps? Celui de la rencontre, des approches lentes, des accordailles, des fiançailles où le désir ne fait pas d’ombre aux liens qui se tissent. Mon arrière grand-mère avait une très belle expression quand elle allait à une noce. Elle disait aux nouveaux mariés : « Aimez-vous bien ». A la fin de leur vie, ceux qui y arrivent ne craignent pas le froid des lits. Il leur reste la tendresse qu’ils ont tissée fil à fil, corps à corps et cœur à cœur une vie durant. Si, comme le disait Montaigne, l’amitié peut se résumer en une phrase : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », alors ces têtes chenues disent dans tous leurs gestes qu’ils ont trouvé ce chemin là.
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N’est-ce pas cette petite lumière qui éclaire nos cœurs quand nous parlons d’amour ? Mais cet amour-là, tel l’âtre de Zibulinette, ne demande pas seulement un entretien de tous les instants. Il suppose une vraie rencontre entre deux êtres faits de bois qui s’accordent sans se faire d’ombre. Tout le reste… Tout le reste n’est-il pas que littérature ?
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Que le vent de l’amour vous soit doux ami(e)s,
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(Créativ'image Libidule)
09 janvier 2006
Ainsi vont les amoureuses
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Pour monter tout en haut, laisse filer tes bas,
Maille que maille jusqu’à l’O d’elle a
Love, love toi
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Qui vivra verra
Bouche qui veut tu, hanches à vos je-nous
Sens dessus dessous, happez-vous
Aimez-vous
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Qui vivra sera
Hauts en bas vogue à l’homme, tangue avec émoi
Vers ces chemins d’arômes qui mènent jusqu’à soi
Sans honte hâte toi
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Qui sera saura
D’îles en il sans tyran d’eau que les grains vous chavirent
Vous enivrent, vous livrent et vous délivrent
Vibrants et libres
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Qui sait sera
C’est ainsi que les amoureuses tout contre mais en vers
Peau à peau effeuillées sans amertume et sans hier
Apprivoisent l’hiver
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Qui a vécu vivra
(Créativ'image Libidule)
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08 janvier 2006
Quand une femme t'illumine...
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On part d'une photo et on rêve? Allez, top départ!
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(Crédit photo Breizhimage.com)
« Tu vois cette pierre là-bas petit ? D’ici, elle est toute petite mais encore maintenant, je la vois toute grande. Parce que je passais par là juste pour l’apercevoir. Chaque fois.
J’arrivais toujours le premier. Je m’asseyais devant ce grand arbre là-bas et je fermais les yeux. Il m’a fallu quelques semaines pour m’habituer à la vie de la forêt, aux craquements, aux va et vient des oiseaux, au souffle du vent, aux odeurs qu’il balayait. J’ai mis du temps pour être un des leurs, pour percevoir les moindres vibrations, les moindres habitudes des habitants de ce lieu. Mais elle, je l’ai toujours sentie venir de loin. Est-ce que je reconnaissais le bruit tout léger de ses pas ? L’odeur de sa peau ? Etait-elle déjà si présente en moi qu’elle résonnait comme un écho sitôt qu’elle entrait dans cette forêt ? Je ne l’ai jamais su petit, jamais. Mais c’est pour profiter de chaque seconde jusqu’à son arrivée que je me suis fait arbre, vent, oiseau. C’est difficile à croire hein ? Peut-être que tu te dis : « Papet, il est encore là mais il est déjà un peu là-haut. » Pour ça, tu as raison. Depuis qu’elle est partie, je ne suis plus là qu’à moitié, mais je ne veux pas m’en aller avant… Allez, viens ! Ca sert à rien que je te dise, toi, je sais que tu peux. Viens petit, viens. C’est la bonne heure, la lumière est juste comme il faut. Ca aide au début.
Viens, approche ! Regarde comme il est beau… C’est là qu’on se retrouvait. Oh ! Il n’était pas si grand alors. Juste assez pour nous. Je me tenais toujours là, immobile. De la voir, toujours, ça m’a empêché de bouger. J’étais comme paralysé. Elle était belle tu sais, belle comme le jour, belle comme la nuit, belle toujours, quoi qu’elle faisait. Alors bien sûr… quand une femme t’illumine de partout… quand tu la vois, c’est comme quand un marin perdu voit un phare au loin. Pendant une seconde, il ne respire plus. Ne me regarde pas d’un air si étonné petit. Quel âge elle avait quand tu l’as connue ? 70 ? 80 ?... Moi elle en avait 15. Tu te rends compte ? 15 ! Pas même ton âge… Mais tu as les mêmes yeux. Comme deux mares qui brillent avant même l’éclaircie…
Allez, assieds-toi. Là ! Juste là ! Tu sens ?... Non, ne réfléchis pas, ne cherche pas, laisse venir, laisse ! J’ai demandé à l’arbre, il est d’accord, tu peux y aller, il te guidera. N’aie pas peur s’il t’emmène d’abord dans les racines, c’est juste pour te faire entendre ce que tu attends. Petit à petit, tu sentiras comment la vie, c’est différent quand on est lui. Il te guidera, il te dira tout, il me l’a promis. Je lui ai parlé parce que je t’ai vu regarder la petite du Grand Chemin l’autre jour. Tu as bon œil, c’est une pousse de glycine. De celles qui embaument quand leur cœur bat. Si c’est toi qu’elle aime petit et si tu veux être sûr que tu l’aimes aussi, donne-lui rendez-vous ici. Viens bien avant elle surtout, bien avant. Assieds-toi là où tu es assis, pose ton dos contre l’écorce et attend. Si tu sais qu’elle arrive avant de la voir, ne te pose plus de questions, c’est que tu l’aimes vraiment. Après… après… Après, ferme les yeux. Parce que chaque fois que tu les fermeras de nouveau, même sans elle… Enfin, tu verras. A ce moment-là petit, ne me cherche pas, mon cœur battra de nouveau dans le tien.
Et maintenant… Maintenant que tes yeux me disent que mon arbre t’a parlé, que tu l’as entendu, que tu viendras aussi, rentre petit, rentre. Laisse moi avec elle. Tu ne l’entends pas toi, mais moi si. Allez va petit, va ! Ce rendez-vous, ça fait trop longtemps que je l’attends pour me laisser surprendre… Et n’oublie pas petit, n’oublie pas surtout. Quand tu trouveras la femme qui t’illuminera de partout, ouvre tout, ouvre grand. Parce que quand tu seras au bout, tout au bout, cette lumière là te guidera encore. »
.........(Créativ'image Libidule)
A vous ? Go!!!!






























