Au fil des mots

Balades au fil des mots et d'ateliers d'écriture nomade singulière et plurielle

06 février 2006

Premiers émois

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(Créat'iv image Gif à Gégé)

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"Ah, qu'il doit être doux et troublant,

l'instant du premier rendez-vous

Où le coeur las de battre en solitaire

S'envole frissonnant vers le mystère."

Premier rendez-vous, Paroles J.Y. D'Angelo

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Et si, avec un peu d'imagination et d'avance sur le Saint-Valentin

nous l'inventions ce "premier frisson vers le mystère"?

Vous me suivez?

Couvrez-vous....

J'entends déjà l'orage qui gronde...

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Zut, les nuages faisaient le gros dos, voilà maintenant l’orage qui gronde. Là, il n’y a plus à hésiter, soit nous courons, soit nous serons trempés ! Droit devant toute, et vite ! Droit devant ? C’est le fenil, il nous suffira de grimper et le ciel sera tout près.

Un, deux, trois, nous y voilà, les joues à peine égratignées par les premières gouttes qui tombent drues. Me précédant sur l’échelle, vous me tendez la main et nous voilà allongés, le ventre sur la paille, les yeux déjà émerveillés. Car le ciel, cette fois, s’est vraiment déchaîné. Couleur mi-jour mi-nuit, zébré de lumières qui scintillent et semblent le déchirer, il craque le grand gris, il fait un bruit du tonnerre, mais il tient. Son ami le vent, l’entendant si colère, vient de ce pas dire deux mots aux nuages. Le péril doit être grand car il souffle l’animal.

Le jardin, bien qu’habitué, en est tout chaviré. Regardez ! Là ! Le lilas ! Ses grappes tourneboulent, il girouette ! Et le figuier au tronc si fin, comme il plie soudain ! Heureusement que le mur le protège un peu, seul, il en aurait été tout retourné ! Je vous les montre du doigt, un peu inquiète pour eux… Je me retourne vers vous et… tiens, vous souriez ! De tous vos yeux qui s’accrochent aux miens.

Des petites perles d’eau brillent dans vos cheveux. Elles sont si fines… Je tends la main pour les effleurer, mais un souffle d’air les balaie et me fait frissonner. Alors vous ôtez votre veste et nous voilà dessous, votre bras autour de mon cou, ma tête sur votre épaule.

Des parfums de terre sevrée montent jusqu’à nous. En se mêlant à ceux de l’herbe coupée, ils donnent un autre relief aux nôtres qui se découvrent. Couchée tout contre vous, je vous respire intensément pendant que nos yeux vagabondent. Sentez-vous les miens doucement frôler votre front, vos sourcils, votre joue, vos lèvres pleines et soyeuses ?

Pendant que je confiais au temps ma main suspendue, la vôtre s’est approchée. Inversement proportionnel aux battements de la pluie devenue rosée, mon cœur chamade à tout rompre. Votre bouche est si près… Vos doigts si légers sur mon visage...

Dieu que nous avons bien fait de nous espérer jusqu'à l’orage !

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(Créativ'image Libidule)

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Hum... et vous, cette petite herbe tendre, elle vous dit quoi?

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Posté par Lagriotte à 15:04 - Mots d'amour - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 janvier 2006

Ma mère mon rocher

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Parce que ce premier amour là est à la base de tous les autres,

Parce que la longue dame brune m'a accompagnée ce matin dans mes voyages,

Et qu'il est des jours pas tout à fait aux autres pareils,

Pour elle,

Pour toutes les elles,

Pour vous

Avec une infinie tendresse,

Flo

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Mon rocher, ma petite mère

Quand je pense au jour où la terre te portera

Et où tu t’en iras sur le chemin

Où tout s’éteint pour devenir lumière.

Ces jours-là maman…

Ces jours là je comprends

Le regard des orphelins.

Moi qui ai eu le temps d’aimer

Pas seulement ma mère

Mais celle que tu es,

Comment imaginer

Ne pas t’avoir eu comme repaire

Quand j’étais égratignée ?

Tes silences de maux m’on appris l’alphabet

Là où l’enfant s’est écorchée,

J’ai découvert la force du rocher,

Comment, sans toi, aurais-je trouvé le balancier

Qui m’a conduite des creux aux déliés

Du verbe aimer ?

Maman, petite mère,

Ma sœur, mon éphémère

Le jour où ce sera, ne te demande pas

Si tu as bien ou mal fait avec moi.

Tu m’as donné toutes les clefs,

Avec nous s’arrête le temps des secrets.

Je sais que tu ne prendras pas ombrage

De ce moment que j’apprivoise

Pour que ma main ne vacille pas

Quand s’ouvrira la porte de l’au-delà

Et qu’il me faudra tout te dire maman

Dans un ultime regard aimant.

Tu me sais prévoyante, je le tiens de toi !

Alors si par malheur je n’étais pas là

Au moment où ce sera,

Que ces mots, tels l’écho, reviennent à grand pas

Pour te dire une dernière fois

« Je t'aime maman, prends bien soin de toi »

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F&F

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Posté par Lagriotte à 15:03 - Mots d'amour - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2006

L'âme de fond...

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« Comment se dire ?

Comment aimer ?

Comment partir ?

Comment se retrouver ? »

« A mon avis, arrête d’y penser »

(Jean-Louis Murat, Comment se dire, Mokba)

Tentant d'arrêter d'y penser quand il est temps d’implorer Saint-Thèse et de farfouiller dans les cendres des mots qui plombent l'amour... Mais je préfère la sagesse chinoise qui conseille : « Plutôt que de maudire l’obscurité, allume une chandelle. » Après avoir lu et relu nos « mots croisés », j’en allumerai trois.

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Avec la première, j’enflammerai le bûcher d'un terrible mot de plomb :

« Eprouver ».

Car il en va de l’amour comme des autres sentiments éprouvés. Il est à la fois ressenti et mis à l’épreuve. Sitôt cette « découverte » faite, une phrase, souvent entendue, m’est revenue : « Les hommes disent : aime-moi ; les femmes : prouve-moi que tu m’aimes ». Enlevons « homme » et « femme », ça donne quoi ? « Je t’aime si » ou « car ». Un amour sous condition. En conditionnelle diraient certain(e)s. Et là… les liens entre le vocabulaire financier et le vocable amoureux se comprennent nettement mieux… Aimer devient « investir » une relation ou un être pour qui on éprouve ( !!!) de l’intérêt. Du coup, on « a », on « possède », on « parie » sur l’avenir. Puis… on « gère » ? Et quand on se sépare, on fait un « solde de tous comptes » qui, généralement, ne fait pas les bons amis ! Entre ce temps du début et celui de la fin, on a perdu de vue… ce qui est capital !

Ressentir

un sentiment n’est guère mieux que l’éprouver. L’un donne « épreuve », l’autre « ressentiment »…

Alors une petite question me vient. Quand trompe-t-on ? Quand est-on trompé ? Et quand se trompe-ton ? Car là est bien la principale « conditionnelle » ou «mise à l’épreuve» qui revient dans nos phrases. Deux termes qui signifient qu’on est en liberté surveillée. Cela veut-il dire que dans nos esprits, la fidélité, telle un troc, est plus concédée que consentie ? Pourtant, au départ, l’amour libère… Il y a donc un croisement où l’on s’est égarés, perdus, trompés.

Sauf si, tel Brel et ses vieux amants :

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«

Moi, je sais tous tes sortilèges,

Tu sais tous mes envoûtements,

Tu m'as gardé de pièges en pièges,

Je t'ai perdue de temps en temps,

Bien sûr tu pris quelques amants,

Il fallait bien passer le temps,

Il faut bien que le corps exulte,

Finalement finalement,

Il nous fallut bien du talent,

Pour être vieux sans être adultes (...)

Oh, mon amour,

Mon doux mon tendre mon merveilleux amour,

De l'aube claire jusqu'à la fin du jour,

Je t'aime encore tu sais, je t'aime.» 

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(Créativ'image amourpointcom)

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Et là s’allume la seconde chandelle, fière celle-là… ce croisement où l’on se perd, n’est-ce pas celui du désir ? Si fulgurant au départ, si difficile à préserver au quotidien ? Mais est-ce seulement une question de temps ? Sommes-nous sûrs que nous nous connaissons vraiment ? Parlons-nous si facilement que cela de nos désirs, du plaisir que l’on éprouve et de celui que l’on aimerait découvrir, vivre ou revivre ? Respectons-nous nos désirs, nos non désirs et ceux de l’autre ? Prenons-nous le temps de maintenir ce lien du « deux » ? Et ce lien là ne dépend-il pas aussi de la qualité de la relation que nous entretenons au quotidien ? Dans nos mots croisés, il est plus question de sexe que de sensualité, les amants et les maris ne sont pas du tout « parlés » de la même manière. Alors une question me vient. Nous qui rêvons de conserver nos amants, même lorsqu’ils sont devenus des compagnons, restons-nous des amantes ?

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(Merci Domi pour cette Poussière d'étoile)

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Oui mais… oui mais un jour… un jour, les caresses ne réchauffent plus les lits trop vieux. Et c’est là que s’allume la troisième chandelle. Une des choses qui m’émerveille le plus, ce sont ces vieux couples, allant main dans la main, attentifs à ce que l’autre, au moins, ne bronche pas. Si ces têtes blanches ont traversé le temps, n’est-ce pas parce que, comme le suggère Serge dans son commentaire, ils ont pris le temps? Celui de la rencontre, des approches lentes, des accordailles, des fiançailles où le désir ne fait pas d’ombre aux liens qui se tissent. Mon arrière grand-mère avait une très belle expression quand elle allait à une noce. Elle disait aux nouveaux mariés : « Aimez-vous bien ». A la fin de leur vie, ceux qui y arrivent ne craignent pas le froid des lits. Il leur reste la tendresse qu’ils ont tissée fil à fil, corps à corps et cœur à cœur une vie durant. Si, comme le disait Montaigne, l’amitié peut se résumer en une phrase : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », alors ces têtes chenues disent dans tous leurs gestes qu’ils ont trouvé ce chemin là.

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femme_libellule__cadeau_libidule6(créativ'image Libidule)

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N’est-ce pas cette petite lumière qui éclaire nos cœurs quand nous parlons d’amour ? Mais cet amour-là, tel l’âtre de Zibulinette, ne demande pas seulement un entretien de tous les instants. Il suppose une vraie rencontre entre deux êtres faits de bois qui s’accordent sans se faire d’ombre. Tout le reste… Tout le reste n’est-il pas que littérature ?

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Que le vent de l’amour vous soit doux ami(e)s,

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(Créativ'image Libidule)

Posté par Lagriotte à 14:06 - Mots d'amour - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 janvier 2006

Ainsi vont les amoureuses

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Pour monter tout en haut, laisse filer tes bas,

Maille que maille jusqu’à l’O d’elle a

Love, love toi

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Qui vivra verra

Bouche qui veut tu, hanches à vos je-nous

Sens dessus dessous, happez-vous

Aimez-vous

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Qui vivra sera

Hauts en bas vogue à l’homme, tangue avec émoi

Vers ces chemins d’arômes qui mènent jusqu’à soi

Sans honte hâte toi

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Qui sera saura

D’îles en il sans tyran d’eau que les grains vous chavirent

Vous enivrent, vous livrent et vous délivrent

Vibrants et libres

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Qui sait sera

C’est ainsi que les amoureuses tout contre mais en vers

Peau à peau effeuillées sans amertume et sans hier

Apprivoisent l’hiver

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Qui a vécu vivra

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(Créativ'image Libidule)

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Posté par Lagriotte à 12:00 - Mots d'amour - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 décembre 2005

Peau d'âmes

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(Créativ'image: Libidule)

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J’ai froid, si froid soudain.

Pourquoi petite fille viens-tu me reprendre la main ?

Tu sais que je n’ai rien oublié

Mais il faut bien avancer, croire toujours : « Je gagnerai ».

Reviens petite, reviens te lover au fond de moi

Ta place est là.

Ne refais pas couler mes larmes,

Tes grands yeux d’interrogation me désarment.

Non, je ne veux pas me rappeler petite,

Je n’ai rien oublié, je refuse juste d’être écrite.

Je veux aimer

Etre aimée encore, croire toujours à l’été

Aimer comme je t’aime toi

Avec une infinie tendresse, sans tricher, sans « et moi ! »

Sans toi, je ne saurais pas jouer

Je ne courais pas après le temps sablier

Pour l'arrimer à l’ancre vérité.

Ferme tes longs cils mouillés

Qui disent les précipices qui t’ont statufiée.

Viens te lover petite, viens,

Reprend ta place, donne moi ta main

Je la caresserai, je te bercerai

Je te dirai les fées, les rochers chauds, les eaux mêlées

Qui scintillent à la nuit

Quand la lune les éclaire et que tout luit.

Je te dirai les lucioles

Les arcs-en-ciel, les nuages qui batifolent

Et les petites bêtes du Bon Dieu qui s’y collent.

Je te raconterai

Le musicien qui éveille l’âme de  l'archet

Le poète qui devine

Les mains du sculpteur qui raniment

L’homme aux semelles de vent

Le magicien, le saltimbanque du temps

Qui te reconnaîtra et te dira gaiement

« Enfin te voilà ma toute belle,

Ma tête de pioche, mon Esmeralda, ma gazelle

Je suis ton cadeau, sois mon présent »

Alors petite, alors,

Du plomb, toi et moi, nous extrairons l’or.

Pour construire un demain il faut bien un hier.

Le nôtre sera clair.

N’aie aucune crainte petite, sur ce chemin de lumière

Rien ne se fige et personne ne se perd. »

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Flo

Posté par Lagriotte à 15:40 - Mots d'amour - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 décembre 2005

ma mère, mon aimée

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(Création Libidule)

Paris, le 28 décembre 1870

Ma mère, mon aimée,

Voilà dix jours que vous êtes partie pour les collines de l'au-delà. Dans ce pays dont, paraît-il, on ne revient pas. Vous vous en êtes allée, seule, droite et presque gaie de quitter ce monde pour retrouver celui que vous aimiez. Celui qui, vous en étiez tellement sûre, vous attendait. J'espère que vous aviez raison et que vous voilà bien à gambader pour l'éternité auprès de votre fiancé. Mais Dieu que c'est dur de vous voir partie sans regret de me savoir seul, sans votre sourire si doux et vos yeux qui pétillent. Sans avoir pu vous dire combien je vous trouvais belle. Combien, petit garçon, j'aimais vous voir finir votre toilette, coiffer vos longs cheveux, écrire et même prier Dieu. Comme il m'arrivait de l'envier ce Dieu que vous regardiez  avec tant de candeur et d'intimité! Moi, le petit garçon timide, arrivé dans votre vie par hasard. Ni désiré de ce mari de convenance, ni rejeté pourtant, mais là, loin de vos rêves, du pays de votre coeur, de votre passé, de votre avenir.

Images fugitives de moments de votre vie que je fus enfant quand, me prenant par la main, vous m'emmeniez au Bois de Saint-Germain. Vous me disiez alors que j'étais votre chevalier. Et moi, droit et fier, je roulais des yeux noirs à toute âme s'approchant. Alors, alors vous riiez maman. Et je riais aussi de vous voir si gaie. Oh, que je vous aimais alors! Toute pleine de vie, sentant bon votre "Eau de Guerlain" dont le parfum, parfois, me hante encore. Vous mavez vu grandir sans vous en apercevoir. D'ailleurs, vous traversiez la vie, légère comme une plume au vent, aérienne, sans effort, avec votre éternel sourire, en creux, dedans. Comment donc vous en vouloir de n'avoir jamais vu en moi votre enfant, mais un enfant. Puis un jeune homme de qui, depuis plus de dix ans, vous disiez qu'il avait vingt-et-un ans. Et comment ne pas vous aimer passionnément, vous, si belle au bois riant.

Voilà presque dix jours que vous êtes partie pour les collines de l'au-delà. Mais que c'est dur maman de vous savoir près de votre amant qui ne fut pas mon père. Malheureusement.

Votre fils encore, toujours et à jamais aimant,

Clément

La Griotte, lettre "reçue" le 5 septembre 1987, dans un train de nuit, entre Paris et Montpellier

Posté par Lagriotte à 18:12 - Mots d'amour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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