Au fil des mots

Balades au fil des mots et d'ateliers d'écriture nomade singulière et plurielle

08 janvier 2006

Quand une femme t'illumine...

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On part d'une photo et on rêve? Allez, top départ!

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(Crédit photo Breizhimage.com)

« Tu vois cette pierre là-bas petit ? D’ici, elle est toute petite mais encore maintenant, je la vois toute grande. Parce que je passais par là juste pour l’apercevoir. Chaque fois.

J’arrivais toujours le premier. Je m’asseyais devant ce grand arbre là-bas et je fermais les yeux. Il m’a fallu quelques semaines pour m’habituer à la vie de la forêt, aux craquements, aux va et vient des oiseaux, au souffle du vent, aux odeurs qu’il balayait. J’ai mis du temps pour être un des leurs, pour percevoir les moindres vibrations, les moindres habitudes des habitants de ce lieu. Mais elle, je l’ai toujours sentie venir de loin. Est-ce que je reconnaissais le bruit tout léger de ses pas ? L’odeur de sa peau ? Etait-elle déjà si présente en moi qu’elle résonnait comme un écho sitôt qu’elle entrait dans cette forêt ? Je ne l’ai jamais su petit, jamais. Mais c’est pour profiter de chaque seconde jusqu’à son arrivée que je me suis fait arbre, vent, oiseau. C’est difficile à croire hein ? Peut-être que tu te dis : « Papet, il est encore là mais il est déjà un peu là-haut. » Pour ça, tu as raison. Depuis qu’elle est partie, je ne suis plus là qu’à moitié, mais je ne veux pas m’en aller avant… Allez, viens ! Ca sert à rien que je te dise, toi, je sais que tu peux. Viens petit, viens. C’est la bonne heure, la lumière est juste comme il faut. Ca aide au début.

Viens, approche ! Regarde comme il est beau… C’est là qu’on se retrouvait. Oh ! Il n’était pas si grand alors. Juste assez pour nous. Je me tenais toujours là, immobile. De la voir, toujours, ça m’a empêché de bouger. J’étais comme paralysé. Elle était belle tu sais, belle comme le jour, belle comme la nuit, belle toujours, quoi qu’elle faisait. Alors bien sûr… quand une femme t’illumine de partout… quand tu la vois, c’est comme quand un marin perdu voit un phare au loin. Pendant une seconde, il ne respire plus. Ne me regarde pas d’un air si étonné petit. Quel âge elle avait quand tu l’as connue ? 70 ? 80 ?... Moi elle en avait 15. Tu te rends compte ? 15 ! Pas même ton âge… Mais tu as les mêmes yeux. Comme deux mares qui brillent avant même l’éclaircie…

Allez, assieds-toi. Là ! Juste là ! Tu sens ?... Non, ne réfléchis pas, ne cherche pas, laisse venir, laisse ! J’ai demandé à l’arbre, il est d’accord, tu peux y aller, il te guidera. N’aie pas peur s’il t’emmène d’abord dans les racines, c’est juste pour te faire entendre ce que tu attends. Petit à petit, tu sentiras comment la vie, c’est différent quand on est lui. Il te guidera, il te dira tout, il me l’a promis. Je lui ai parlé parce que je t’ai vu regarder la petite du Grand Chemin l’autre jour. Tu as bon œil, c’est une pousse de glycine. De celles qui embaument quand leur cœur bat. Si c’est toi qu’elle aime petit et si tu veux être sûr que tu l’aimes aussi, donne-lui rendez-vous ici. Viens bien avant elle surtout, bien avant. Assieds-toi là où tu es assis, pose ton dos contre l’écorce et attend. Si tu sais qu’elle arrive avant de la voir, ne te pose plus de questions, c’est que tu l’aimes vraiment. Après… après… Après, ferme les yeux. Parce que chaque fois que tu les fermeras de nouveau, même sans elle… Enfin, tu verras. A ce moment-là petit, ne me cherche pas, mon cœur battra de nouveau dans le tien.

Et maintenant… Maintenant que tes yeux me disent que mon arbre t’a parlé, que tu l’as entendu, que tu viendras aussi, rentre petit, rentre. Laisse moi avec elle. Tu ne l’entends pas toi, mais moi si. Allez va petit, va ! Ce rendez-vous, ça fait trop longtemps que je l’attends pour me laisser surprendre… Et n’oublie pas petit, n’oublie pas surtout. Quand tu trouveras la femme qui t’illuminera de partout, ouvre tout, ouvre grand. Parce que quand tu seras au bout, tout au bout, cette lumière là te guidera encore. »

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.........(Créativ'image Libidule)

A vous ? Go!!!!

Posté par Lagriotte à 20:16 - Le petit atelier de la Griotte - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 décembre 2005

Je suis une vieille corde...

Images sur mots? Mots sur images? Imagination toujours. Voulez-vous que nous les partagions dans un petit atelier commun? Oui? Alors... Montez dans ma roulotte de toile et cheminons ensemble. Première direction: la Bretagne et la corde de Capitaine Luc. Pendant que vous vous installez confortablement, je passe devant. Profitez du paysage. Ici, on avance à petits pas, au fil des mots, au fil du temps...

Prêt(e)s? Larguez les amarres, c'est parti!

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(Crédit photo Breizhimage.com)

Je suis une vieille corde, pourquoi t’arrêtes-tu sur moi ? Ca fait des années que je suis enroulée là, des années que plus personne ne me voit. Pourquoi ne fais-tu pas comme eux ? Ah non ! Ne me touche pas ! Continue ton chemin, ouste ! Tu es sourd en plus ? Non... Tu n’es pas sourd. A tes sourcils qui se froncent, je vois bien que tu fais partie des curieux, que tu ne me lâcheras pas. Tu te demandes, tu veux savoir... Alors je vais te dire. Mais reste loin, reste loin surtout !

Un jour, ceux qui pêchaient m’ont abandonnée comme une vieille chaussette usée. Ils ne m’ont même pas prévenue, ils sont juste partis et jamais revenus. Pendant des années, j’ai aidé leurs mains à me trouver pourtant. Plusieurs fois, alors que tout glissait, moi… Mais ils ne s’en sont même pas aperçus. Ils trouvaient ça normal, j’étais là pour ça. Ils n’ont pas vu que quand la tempête guettait, je me glissais à l’abri pour ne pas échapper à  leurs doigts, pour ne pas les blesser. Une corde, on ne la voit pas. On peut bien la reléguer, la laisser s’effiler, ne plus lui donner de nœuds à couver. Une corde, ça n’a pas d’âme n'est-ce pas? Alors pourquoi cherches-tu la mienne ?  Pourquoi viens-tu observer jusqu’à mes plus petites rides ? Pourquoi me renvoies-tu l’image de mon inutilité ? Va-t-en s’il te plaît, va-t-en! Tu ressembles trop à celui qui tranchera le dernier lien qui me relie à la vie. A celui qui me séparera à  jamais de ce dernier amant avec qui nous vivons épousés depuis tant d’années. A celui qui se fichera de tous ces petits riens qui font ma vie : le soleil qui se lève, là, juste face à moi, les cliquetis des mats qui m’assoupissent, la pluie qui me transperce, le vent qui me tord et me lie un peu plus chaque fois à mon vieil amant.

Je veux oublier passant. Tu comprends ? Oublier. Alors va, va-t-en, passe ton chemin. Et ne reviens pas surtout, ne reviens plus.

(Libidule Créativ'image)

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http://atelierdecriture.canalblog.com

Posté par Lagriotte à 23:05 - Le petit atelier de la Griotte - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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