Au fil des mots

Balades au fil des mots et d'ateliers d'écriture nomade singulière et plurielle

18 mars 2006

En taire est l'hiver

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feuilles_coeur2

(En feuilletant l'album des amours de l'Absente...)

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On ne devrait jamais jeter ses vieux cahiers.

20 ans après, j'ai trouvé dans un de ceux-là

Une feuille volante disant un exil sepia

20 ans. et un banc déjà Maya...

Mais Dieu que celui-ci était froid.

Dans ce cahier bleu aux carreaux réguliers

J'ai retrouvé aussi une lettre recluse

A l'enfant absent qui ne viendra plus.

Ouvrons donc la fenêtre voulez-vous?

Faites moi cadeau d'un présent

Soyez les témoins d'un bel enterrement.

L'hiver meurt ces jours-ci, il est temps

Il est grand temps de tourner la page.

Les mots sont comme les oiseaux,

C'est en ouvrant la porte de leur cage

Que leur âme chêne devient roseau.

Le gris alors se change en rose d'eau

Puisque l'aube est là, puisque le jour attend

Puisqu'en ce jour amis, j'ouvre le bal du printemps.

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mains

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A banc donné...

Désespérant de ses espoirs comme elle statufiés, elle attendait, immobile et impatiente, que la vie change de trottoir. Dans la solitude transparente de son banc, elle rêvait qu’une main légère se pose sur son bras, une main inconnue d’un qui la verrait. D’une caresse, il défilerait le cocon de ses peurs, effacerait le tableau noir de ses jours, la délesterait de son armure.

Mais personne, jamais, ne s’approchait si près.

Alors elle attendait que le poids de son corps se fasse moins lourd, que la lumière revienne, que ses yeux se remettent à voir, ses doigts à s’ouvrir.

Elle espérait sûrement plus mais elle n’osait y croire. Un éveilleur d'âme ? Un miracle? Dieu ? Un être humain ?

A 22 heures, dans l’indifférence générale des passants, elle s’endormit. Le lendemain, elle avait disparu. Aujourd’hui encore, personne ne s’en est aperçu.

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(Deux mains cueillies dans tes semis  Domi...)

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Mon enfant, mon tout petit, je sais que tu viendras. Que tu rentreras en moi par la petite porte. Tu te nicheras alors pour de longs mois au centre de ma terre qui peu à peu s'arrondira. Déjà tu seras là. En moi. En nous. Même si petit, tu pousseras les murs de notre vie, de nos angoisses et de nos joies. Déjà, nous serons trois.

Quand tu auras pris assez de force et de courage pour avancer vers la vie, nous lutterons ensemble pour la première fois. Pour fuir cette maison devenue prison, tu déchireras mon ventre. Impuissant et ne sachant que faire, ton père implorera la Madone ou  insultera Dieu une énième fois.

Puis le combat cessera. Nous nous regarderons enfin et une vague d'émotions me submergera. Ton premier cri sera ma première larme. L'homme en blanc coupera le cordon. Tu ne seras plus moi et je serai une autre.

Ta vie commencera, la nôtre prendra sens. Nous descendrons ensemble le fleuve qui mène à la mer jusqu'à ce que tu prennes ton propre bâteau. Un peu plus petits déjà, nous te regarderons partir, le coeur un peu battant, les mains soudain plus vides.

Mais ce temps est loin et je m'égare mon chaton. Pour l'instant, nous nous apprivoisons.Toi là haut, moi ici, qui cherche ton papa pour faire avec lui le chemin qui mène à toi.

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roses3

Regardez amis comme les feuilles sont belles

Quand elles emportent avec elles

Les soies de l'haine évaporée

Et les vents mauvais

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(Créativ'image Libidule)

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Posté par Lagriotte à 23:47 - Vieux cahiers - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 mars 2006

Mots sans hâte liés...

chapeaubaguette.g.a.g

(Créativ'image Gif à Gégé)

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Amstramgram...

Acabradabra...

Miss Flo a retrouvé ses mots, la voilà de retour...

Dans vos commentaires, vous m'en aviez donné 53 puisqu'Aquarelle, rêve et océan(ique) ont été élus deux fois.

Je vous avoue que je me suis demandée un bon moment quel chemin ils allaient prendre pour se retrouver. S'uniraient-ils par 6, répondant à chacun de vous?  Vous réuniraient-ils deux par deux?  Se combineraient-ils tous? Mais comment? Ils sont si différents...

J'en étais là quand mes amis les mots sont partis faire un petit tour ailleurs, me laissant la tête toute embrouillée. C'est comme ça d'ailleurs que j'ai découvert avec un peu de stupéfaction le double sens du mot confusion, mais je vous en reparlerai plus tard. Pour le moment, je vous invite à me suivre au pays de vos mots préférés:

Sempiternellement, arabesque, Abyssinie, escarpolette, rabibocher (Désolée Carpo, ton escarpolette est passée à la trappe et pourtant, j'aime aussi beaucoup ce mot-là...) Perle, Chamallow, paprika, aquarelle, Katmandou, anticonstitutionnellement (merci Domi, mais tu vas voir ce que tu vas voir...) Coquelicot, chrysalide, caresse, aquarelle, Vietnam, obsolète Goguenard, concupiscent, estropié, farandole, betterave, reluquer, spleen, miel, saveur, désert, océan, univers, théâtre, élan, terre, saltimbanque, présent (désolée Adaya, je ne suis pas arrivée à insérer ton collimateur...) rêve, bleu, merveille, ailleurs, Patagonia, océanique (transformé en océan May'Anne...), Pluie, tendresse, ombre, douceur, conte, rêve.

On y va? Top départ!

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libidules

(Créativ'image Libidule)

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Le Rabi Bocher était constitutionnellement anti. Anti tout. Le salé, le sucré, l’amer, l’acide… Seuls les épices donnaient du relief à sa vie, alors il en mettait partout. Dans tout ce qu’il mangeait, dans tout ce qu’il buvait, dans tout ce qu’il créait… Avec le paprika, son préféré, ses aquarelles illuminées de soleil disaient ces lointains pays qui vivaient au fond de lui.

Parfois, dans le silence de la nuit, il ouvrait le sésame de son âme nomade en prononçant leurs noms.

De ses arabesques, l’Abyssinie saltimbanque lui faisait la courte échelle jusqu’à des nuages arc-en-ciel. Bien au chaud dans le cocon de leur chrysalide, nimbé de bleu, son corps flottait dans un univers de tendresse.

Les rouges coquelicots de Katmandou l’entraînaient dans leur folle farandole, pistils offerts, gorgés de sève, saveur de miel.

Les jonques chaloupantes du Vietnam lui contaient les berceuses de l’eau, le spleen enveloppant des brumes d’Ha Long et la douceur des perles de pluie. 

Le vent du Kilimandjaro l’emportait au-dessus d’à-pics perclus de solitude, au cœur de neiges éternelles rêvant de déserts brûlants, dans le ventre de terres fiévreuses appelant la fraîcheur de l’ombre, sur la crête frémissante d’océans rugissants, sur l’onde de mers d’huiles aux reflets scintillants.

Quand l’éclair de Patagonia le transmutait, il devenait feu, traversait la glace, pénétrait jusqu’au cœur du cristal, devenait diamant. Protégé par ses mille facettes, il regardait défiler le grand théâtre du vieux monde.

Durant les quelques secondes qui lui restaient avant de redevenir lui, il envoyait des faisceaux d’amour aux cœurs concupiscents rongés par l’envie, aux estropiés de la vie, aux éclopés du bonheur, aux meurtris de rêves obsolètes et à son fidèle chat Mallow si honteux de ses yeux betterave que tout le monde reluquait d’un air goguenard.

A tous il disait ce pays des merveilles si présent où tout est lumière et élan. A deux pas de ce que l’on nomme réalité. De l’autre côté du miroir. Tout au fond d’eux. Là où brille l’étoile. Sempiternellement.

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(Créativ'image Libidule)

Posté par Lagriotte à 01:40 - Jeux de mots - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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